Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Kassaman binnazilat ilmahiqat..." le plus noir des crimes est celui qui consiste à obscurcir la conscience politique et d’égarer tout un peuple" d'Emile ZOLA

Le nom de ce blog est sans doute évocateur de notre "nachid el watani" tant décrié par le passé parce que, associé au pouvoir Algérien illégitime. Après des décennies de disettes. Je voudrais faire de cet espace, un coin où tous mes compatriotes et autres amoureux de libertés, de démocratie, ou tout simplement d'histoire pourraient s'exprimer librement. En ce sens, nous vous souhaitons la bienvenue. En hommage à Nacer Hachiche, repose en paix et à bientôt ! Pour garder le contact avec notre chère patrie : http://www.alger-presse.com/index.php/presse-fr


Ouyahia ou le délire fou d’un homme à la folle suffisance (source Algerie plus)

Publié par The Algerian Speaker sur 5 Avril 2011, 08:29am

Catégories : #EJDID

ahmed-ouyahia-265x300.jpg« L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. » [Jonathan Swift]

Invité, le 30 mars dernier, Ouyahia, dont on ne sait s’il s’est exprimé en qualité de Premier Ministre ou de chef du parti, a sans doute estimé que le moment était manifestement venu de « faire la différence entre les haricots et les lentilles», et n’a pas fait mystère de ce secret de polichinelle qu’est son ambition à devenir le locataire d’El Mouradia.

L’on peut se demander pourquoi, en cette donne délétère, d’aucuns ont programmé cette intervention alors que l’intéressé se terrait depuis ses « sorties » toutes aussi navrantes et indigentes les unes que les autres. Pourquoi, en effet, lui avoir donné l’occasion, en ce moment précis, de se rappeler au – mauvais – souvenir d’un peuple qui l’exècre, alors que des déplacements du Chef de l’Etat sont programmés, au cours desquels certaines annonces d’importance pourraient être faites ?

Car, in fine, ce qui se joue actuellement c’est bien le devenir de ce pays, partie intégrante d’une Afrique du Nord qui n’en finit plus de convulser et dont il est prématuré de dire si les révolutions du jasmin et du Nil, grosses de promesses, ne seront pas confisquées en chemin. L’Algérie en sait quelque chose. Pouvons-nous, à l’heure où les peuples arabes démontrent que la démocratie n’est pas étrangère à leur culture, penser, seulement penser, qu’Ahmed Ouyahia, ce commis de l’Etat sans états d’âme, à l’égo démesuré et dont l’arrogance n’a d’égal que la bêtise, puisse, à terme, accéder à la magistrature suprême?

Hier, il clamait que jamais il ne se présenterait contre le Président Abdelaziz Bouteflika, et le voilà, aujourd’hui, tel Brutus, qui estime le moment venu de porter l’estocade fatale. Lui qui a toujours excellé dans la perfidie, administre la preuve que ce travers il l’a chevillé au corps.

Ainsi, pour se dédouaner de la paralysie actuelle et de l’autisme qui fragilise chaque jour un peu plus la maison Algérie, le Premier Ministre se défausse sur celui qui l’a fait roi en assénant qu’il «essaie d’attirer l’attention sur les mesures prises, mais il y a un chef à la maison». L’on comprend donc que ce « chef » le bride et l’empêche de mener à bien une politique salutaire pour cette Algérie à l’agonie de laquelle il aura très personnellement et très largement contribué.

Cette trahison renvoie à celle d’un autre Chef de gouvernement, A. Benflis, qui, lui aussi, n’avait pas hésité à tenter de mordre la main qui lui avait été magnanimement tendue. Il aura appris à ses dépens que l’aura du Président Abdelaziz Bouteflika ne pouvait être ternie par une telle forfaiture, acte de trahison que le peuple algérien avait, dans sa sagesse, durement sanctionné, du reste.

Pour en revenir à ce second Brutus, se drapant dans les oripeaux malodorants d’une impunité qu’il sait infinie, Ahmed Ouyahia, incapable de quelque mea-culpa que ce soit, ne semble pas craindre l’implacable verdict des urnes qui lui conférerait la légitimité qui lui a toujours fait défaut et à laquelle il n’accèdera jamais si les règles de la démocratie venaient à être appliquées et respectées. Il ne doute pas. Il attend simplement son heure et semble penser qu’elle est proche. Pour lui, la cause est entendue. Il sera Président car tel est son bon vouloir, ainsi que celui des fossoyeurs qui l’accompagnent et qui s’emploient inlassablement à ancrer en lui cette certitude en une destinée d’exception auquel il a, de tout temps, été promis.

C’est pourquoi, il a choisi de botter en touche à la question portant sur ses intentions vis-à-vis de la prochaine présidentielle. Cette réponse est, à l’évidence, loin d’être spontanée. Elle édifie sur son ssurance que cette voie a été effectivement choisie pour lui. L’ancien président français, Valery Giscard d’Estaing, avait fait valoir que son accession à la présidence, en 1974, était «la rencontre d’un homme avec son destin». A. Ouyahia, dont la logique spécieuse fait partie du folklore, considère bizarrement que cette affirmation « venu d’un chrétien », prend « plus de sens lorsqu’elle est le fait d’un musulman».

Tout est dit. Et cette thèse d’une finalité divine devrait bien plaire aux islamo-conservateurs de tout bord. Le Premier Ministre a, donc, choisi de ratisser large et de donner, d’ores et déjà, des gages. Ce distinguo selon lequel cette croyance d’une inexorable destinée serait plus susceptible d’être exaucée pour le musulman qu’il laisse pantois.

En effet, dans sa définition, Wikipédia, livre un sens général qui exclut toute catégorisation métaphysique et conclut que « … la notion de destin s’oppose ainsi à celle de libre arbitre ».Destin contre libre arbitre, voilà qui est plaisant : d’un coté il y a le délire fou d’un homme à la folle suffisance, que rien justement ne prédestinait à ce qu’il a vécu, et qu’il doit au fait des princes qu’il sut si bien servir, lui «l’exécutant des sales besognes», et, de l’autre, la volonté d’un peuple qui, s’il pouvait véritablement exercer son libre arbitre, vouerait l’actuel Premier Ministre aux gémonies.

En dépit d’un âge relativement jeune en politique et d’un parcours diplomatique qui auraient dû le prédisposer à une ouverture sur le monde et sur la modernité, l’actuel Premier Ministre aura réussi le triste exploit d’incarner un passé et des méthodes honnis qui ont poussé les Algériens à battre le pavé et, pour certains, à arroser de leur sang cette terre si familière des sacrifices suprêmes consentis pour l’ancrage de valeurs internationalement partagées.

Il reste que les leçons de ces tribus léonins n’ont pas été tirées et que l’autisme et la cécité soient des travers résistants. C’est que les sirènes du pouvoir sont plus audibles que les râles des Algériens, particulièrement sonores en ces temps de crise. Comment, en effet, les spin- doctors qui tissent leur toile maléfique peuvent-ils être aussi sourds et aveugles aux revendications actuelles du peuple algérien qui vomit manifestement l’insipide A. Ouyahia dont la réputation est définitivement flétrie et dont l’impopularité le disqualifie à jamais ?

N’est pas homme d’exception qui veut et, à force d’avoir fait l’indécent étalage de son manque total de scrupules, A. Ouyahia a fini par creuser sa propre tombe en politique. Incapable d’incarner le changement auquel aspire l’Algérie du 21 ème siècle, il n’aura pour autre épitaphe que celle – ci : « Ambition : une bulle de savon qui voudrait être un peu plus grosse au moment qu’elle crèvera. ».Jean Rostand.

AbdelAli  Choukri

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